POEME INEDIT DE JACQUELINE PERSINI-PANORIAS
Ce matin, enveloppées de châles blancs
avec un ongle les ombres ficellent
leurs bagages enflés de mots sans âge
sous leurs aisselles et leur jupe
à volants elles glissent des mots
lumière à désarmer hiboux nuages
Quand une odeur violette les
vaporise, les scandalise, elles
sucent des mots sent bon
comme source ou pinson
Un jour à la petitesse des gouttes
elles consentiront
Il est possible que l'arbre
claque des racines
que se ternissent ses pupilles
que plus noires que fourmis
ses feuilles se déchirent
Il est possible que l'arbre
ne tienne pas le ciel
Ni même ses mots à
la rance odeur rance
alors avec précaution
envelopper le tronc
l'emporter dans l’herbe
haute vers ta maison
Pour qu'un jour presque neuf
tende sa main de cendre
JACQUELINE PERSINI-PANORIAS
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