POEMES INEDITS DE RICHARD TAILLEFER
Saint-Jean-du-Doigt
A Saint-Jean-du-Doigt
le ciel se brise sur la lande.
Ici, la nuit, des voix murmurent en silence.
Tout est vrai et faux à la fois.
Routes sans fin
d'un paysage perpétuel.
Un chemin qui hésite
entre avant et après.
Nommer.
Pour donner aux choses
un lieu en leur absence.
Dans leur détresse
les feux du phare
clignotent inexorablement.
§
Comme un 11 novembre
C'est long ! Trop long ! Tout est calme.
Comme un 11 novembre à 11 heures.
J'avoue que j'ai désespéré bien des fois.
Efforcez-vous de vivre! Que mon visage
vous soutienne quand le ciel n'est plus le ciel.
Je sais, j'ai vu leurs yeux avec cette couleur
de boue infinie. Souvent je pense à vous
et je suis seul.
Une petite pluie fine tombe depuis le matin
et détrempe la route.
§
Ce qui importe,
c'est l'ouverture d'esprit
qui vous habite.
Ne cherchez pas un point d'appui,
tout équilibre ici-bas est éphémère.
Corrompu par tant de pierres
de silence et de chair,
ne riez pas des pieds de nez
qui vous invitent à la prière.
RICHARD TAILLEFER
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