FRANÇOIS BON | JE SUIS UN ARTISTE DE PROVINCE - LES VASES COMMUNICANTS DE JUIN 2013
Ce mois-ci , dans le cadre des Vases Communicants , le blog "Les tribulations d'Eric Dubois " accueille un texte de François Bon ( merci à lui ).
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JE SUIS UN ARTISTE DE PROVINCE
Introduction : dans mon rapport aux livres, et peut-être la fascination qui me retient d’un autre côté de la littérature que la poésie, il y a, chaque année pendant plusieurs semaines, la relecture de Balzac. En s’y promenant, sautant d’un livre à l’autre, jamais dans le même ordre. Pour le rapport de l’écrivain à la cité, et l’organisation de mon rapport à l’écriture, je crois que j’ai toujours ressenti le rapport à la province comme essentiel, et que c’est un des éléments qui me relie si fort à cette permanente relecture de Balzac. Chaque phrase du cut-up ci-dessous est prise aux différentes occurrences du mot « province » dans la Comédie humaine de Balzac. FB.
comme dans une ville de province
venant de leur province comme je puis en sortir
car tout se sait en province
en province comme à Paris, monsieur, lui répondit-il
l’existence pâle de la province
l’art est timide en province
aux gens nés en province
qui révèlent en province ces passions si difficiles à cacher
comme les gens de province calculent tout
tristes amours de la province
le mot dont on se sert en province
que devenir en province
et mariez-vous en province
en demeurant au fond de sa province
résumait toutes les idées de la province
celui de province comme celui de Paris
aussi difficilement en province qu’à Paris
aussi luxueusement en province qu’à Paris
curieuses figures enfouies en province comme de vieilles médailles
n’avoir de la province que ce qu’elle offre
toutes les imaginations de province
souriaient au poète de province
préjugés que l’on conserve en province
Il existe en province deux conversations
votre haine de province
victoire de la Province
la province croit toujours aux trésors cachés
que la province cultive avec amour
en voyant la femme de province dans sa sphère
différence qui distingue la femme de province
il y a dans le coeur d’une femme de province des surprises
le bon sens de la femme de province
au lieu de calomnier la femme de province
défiez-vous des femmes de province
la vraie fille délurée que la province envoie journellement à Paris
ne pensant à la province que pour lui demander de l’argent
rien n’explique mieux la vie de province
en quelque ville de province que vous alliez
si rare en province
les journaux de province
où les commerçants de province
rencontrer des gens à qui parler en province
la vie de province dont la monotonie
qui empestent la vie de province
sur le théâtre étroit de la province
comme il est sorti de sa province
une gaieté de province
il est dans l’esprit de la province
il est permis à une province de se reposer
dans certaines villes de province des maisons
ha ! ha ! mon garçon, la province est la province
l’exagération en se prenant aux riens de la province
aucune démarche de ce genre n’est secrète en province
Personnes qui n’ont point, peu ou prou, vécu en province
se caser pour toujours en province
le silence solennel de la province
qui n’existait plus qu’au fond de la province
Comme dans toutes les villes de province
la cour de province, froide et proprette
la comparaison de la vie de province
dans les douceurs de la province
des ridicules de la province
une fidèle image de la province
le programme de l’amour en province
fais des folies en province, fais-y même des sottises
si tu ne me dis pas pourquoi tu restes en province, je me fâche
en province, la vie à l’état d’observation
à observer en province
des usages et des vieilles choses de la province
en province, le défaut d’occupation et la monotonie
l’horizon borné de sa province
par les rumeurs de la province
l’influence de la province
les caquetage de province
si peu de largeur en province
les habitudes des gens de province
un voyage en province
ne jamais vivre en province
j’arrive du fond d’une province
de l’existence en province, et dont la durée, la persistance
la province est la province
cette sourde envie qui, en province
l’esprit si gai de chaque province
lentes économies qui se font en province
cercle étroit de la province
autant la jalousie de province
mais nous sommes en province, monsieur
en province il n’est pas permis d’être original
en province il n’y a ni choix ni comparaison
cette chambre sentait la province
un de ces dîners de province
des coins de province
grise et lourde atmosphère de province
qui se voit tous les jours en province
les misères de la province
votre oisiveté de province
les méchancetés de la province
les amours-propres de province
mouvement ascensionnel de la province
ces détails peignent toute la province
un esprit fort de province
du fond d’une province insoumise
un laisser-aller de province
raison de se défier d’une province
dans les ténèbres de la province
vivant au fond de la province
la curiosité presque toujours sans aliment en province
comme dans toutes les villes de province
François Bon
Ecrivain. Romancier et essayiste. Directeur et fondateur de Publie.net .
Son blog : Le Tiers Livre
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Vous trouverez sur le blog de François Bon "Le Tiers Livre " :
un texte d'Eric Dubois ( à la date du 7 Juin 2013 ) dans le cadre des Vases Communicants de Juin 2013 .
Lire le texte ici
Plus d'infos sur les Vases communicants :
http://www.liminaire.fr/spip.php?article1148
La listes des blogs participant aux Vases Communicants de Juin 2013 :
http://rendezvousdesvases.blogs
PRINCIPE DES VASES COMMUNICANTS :
http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886
« …pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange
généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites… ».( François Bon)
C'est le principe des vases communicants, un texte de l'un chez l'autre, un texte de
l'autre chez l'un.
Les premiers auteurs à l'avoir fait sont François Bon avec son blog Tiers Livre et Jérôme Denis du blog Scriptopolis.
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