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Comment un auteur méconnu, qui n'a pas de relations dans le milieu de l'édition, provincial et Rmiste peut-il se faire connaître? Comment un auteur peut-il faire la promotion de son deuxième roman ( le premier roman édité il y a dix ans), parmi plus de 400 romans Français ( et plus de 200 étrangers) en cette rentrée d'automne? Comment attirer l'attention, susciter l'intérêt et essayer de créer le buzz, comme on dit? Frédéric Huet a peut-être trouvé un début de réponse, en intitulant son livre « Ma vie ratée d'Amélie Nothomb » ( publié chez Anabet )et en parsemant sur le Net des vidéos bricolées par ses soins, où il se met en scène déguisé en Amélie, justement.
J'ai lu avec soin le livre de Frédéric Huet, ce journal intime d'un auteur qui veut sortir de l'obscurité de l'anonymat, trash et décalé, cynique et amusant, blasé et pratiquant l'auto-dérision dans la littérature et le sexe sans sentiment, semble-t-il. C'est entre le livre porno Gay
et le journal intime d'un Rastignac contemporain et comme sans espoir parce que le Marketing touche en profondeur la Littérature contemporaine, que l'image fait vendre plus les écrivains que leurs mots ou bien des extraits de leurs oeuvres et qu'il faut être dans l'air du temps ( Christine Angot, Frédéric Beigbeder, Anna Gavalda …) et « bon client » dans les talk-shows à la télé et dans les journaux people.
A la lecture de « Ma vie ratée d'Amélie Nothomb » au-delà de la fascination-haine qu'exerce l'auteur de « Hygiène de l'assassin » et de « Stupeur et tremblements » sur Frédéric Huet, on peut se demander si ce dernier n'aimerait pas finalement connaître le même destin littéraire à force d'être obsédé jalousement par son parcours. Cela fait partie de nos moeurs contemporaines, ce besoin de « reconnaissance » très bien analysé par ailleurs dans le livre de David Réguer « Tout sauf anonyme »*. Faut-il le succès en terme de ventes ou bien le succès d'estime ( ou succès critique) ? Faut-il être mal et vite lu par le plus grand nombre ( Marc Lévy) ou bien mieux lu par moins de gens ( Pierre Michon) ? Ne parlons pas des poètes qui eux sont confinés dans un ghetto culturel et universitaire...Et combien de succès éphémères qui ne passeront pas à la postérité? Notre époque n'a certes pas inventé la gloire jetable mais a bien hissé la notion de « Célébrité » au rang des valeurs comme le travail, la famille...Et c'est peut-être dommage...
ERIC DUBOIS
* éditions Anabet
Le Capital des mots va nous manquer. Avec ses 21 numéros mensuels, le responsable de cette revue en ligne, Eric Dubois a balayé d'un regard circonspect le paysage actuel de la poésie et s'est montré le plus généreux des go-beetwen en permettant à de nombreux auteurs de se connaître et de se rencontrer.
Il a ainsi permis que soient lus par 20.000 visiteurs plus de 100 poètes. Aucune revue, aucun éditeur n'a atteint depuis des décennies un chiffre aussi considérable pour le genre littéraire le plus noble et malheureusement le plus sinistré en France. J'entends " sinistré " du point de vue d'un lectorat mais en aucun cas du point de vue de l'écriture : les poètes semblent en effet de plus en plus nombreux et habités par la passion de leur art.
Eric Dubois s'est montré un découvreur de talents.
On a pu en effet entendre en lisant le Capital des mots des voix qui ne gagnent qu'à être connues comme celles de Fabienne Alliot, Anne-Lise blanchard, Laurent Fels, Pierre Kobel, ou même Patricia Laranco dont le travail de journalisme sur Internet est remarquable.
Sans oublier les poètes de la francophonie comme la canadienne Claudine Bertrand ou le mauricien Umar Timol. Le poète responsable du Capital s'est vu – on s'en souviendra - confier des textes par des auteurs consacrés. Nous ne nommerons pour exemple que Marie-Claire Bancquart, Jacques Ancet, le tout récent prix Apollinaire, ou encore Bernard Fournier qui vient d'entrer à l'Académie Mallarmé.
Il ne faut pas oublier que la revue a été honorée par une présentation de son travail lors d'une réunion au Sénat le 23 octobre 2008 sous la présidence de Camille Aubaude, elle-même poète.
Ces vers nous semblent illustrer parfaitement la réussite de la revue toujours en ligne et le dévouement de son responsable auquel, tout en le remerciant, nous souhaitons bonne route et prospérité.
FRANCE BURGHELLE REY
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Le Capital des Mots.Cliquez sur :
Tout est fugace
la nuit on fait des bêtises
Qu'on oublie le matin
tout disparait
Même le plus beau
des souvenirs
Après nous
nos contemporains
Aussi
Qui se souviendra
de nous?
Novembre 2009
ERIC DUBOIS